« Aucun n’est pareil et il y a des volumes incroyables » : à Grimaud, la famille Rey-Grange redonne son éclat au Château Beauvallon

Depuis deux ans, le projet « Château Beauvallon » transforme en logements l’ancienne demeure du fils d’Émile Ollivier. Les travaux s’achèveront en 2026 : ils veulent concilier beauté du passé et confort moderne.

02/11/2025 Nice Matin

Une affaire de famille : Pierre-Alain Rey-Grange, président de Sumo, travaille avec sa fille Charlotte (commercialisation et communication). Le promoteur, actif depuis le milieu des années 80, s’est spécialisé dans la rénovation du patrimoine. Exemple dans le Golfe avec l’imposant bâtiment Kensington à La Croix-Valmer (un ancien couvent).

 

Le duo supervise actuellement un chantier de taille qui prendra fin l’an prochain : quatorze appartements et quatre maisons, « Château Beauvallon », dont l’entrée se situe route du Littoral à Grimaud, à l’intérieur du domaine « Rives de Beauvallon ». Ils feront de 60 à 200 m2, pour un prix au mètre carré de 12 500 euros en moyenne. « Aucun n’est pareil et il y a des volumes incroyables, on garde l’esprit cathédrale », pointe le promoteur. Derrière le bâtiment, les futures maisons en sont encore au début de la transformation. Un « hameau » qui abritait autrefois les communs, notamment pour les animaux. « On est en plein chantier mais on a beaucoup avancé », indique Charlotte. Après la pause estivale (pour ne pas déranger l’activité saisonnière).

Commencés en 2023, les travaux sont prévus jusqu’en 2026, pour une livraison au troisième trimestre. Un bureau est installé pour la commercialisation déjà en cours, avec des ventes sur plans et possibilité de modification.

« Actuellement, toutes les toitures sont faites, toutes les fenêtres sont quasi posées. Tout a été respecté, on avait à l’intérieur des planchers en bois, fragiles, remplacés à 80 %. Les maçons ont recréé une terrasse en façade qui existait au XIXe siècle et qui avait été supprimée », pointe son père, carte postale en main pour rappeler la présence des balustres à l’époque et le fronton Napoléon III.

 

Terrasses reconstituées

« La structure était en bon état », se félicite le directeur des opérations, pour qui « le plus gros est passé ». Prenant son frère comme architecte, il a choisi de « donner une jolie image à l’ensemble, en respectant tout ». Dont le blason sur la façade, une toiture typique de la région, L’alliance du neuf (ascenseurs sur les trois niveaux) et du conservé, à l’image d’ouverture en croix et d’un escalier en marbre, « magnifique avec un balustre, se terminant en terre cuite et en ferronnerie ».

À la place des toits effondrés, des terrasses sont reconstituées avec des balustres à l’identique, grâce à des moules sur mesure, et les charpentes refaites. Tout en haut, le cadre apparaît encore plus exceptionnel, à côté du golf et des vignes du domaine Rolland, en pleine nature, à l’écart de l’agitation, pour une copropriété finale de deux hectares. Avec une vue époustouflante sur la baie.

L’ensemble comprendra une piscine, des terrasses en pelouse, une trentaine de places de parking et des jardins privatifs. Avec des cèdres, des alignements de platanes et des eucalyptus qu’il reste à mettre en valeur et entretenir. Les six autres hectares achetés étant classés en espace boisé.

Parmi les vestiges, le chai de l’ancienne activité viticole, avec ses citernes en ciment et son sol en terre cuite, où sont prévues les caves, des écuries et une sellerie. Il a fallu parfois recréer des ouvertures sur des parties sans fenêtres pour aménager les logements. Tout en préservant l’esprit des lieux, dont la couleur de la façade reste encore à déterminer...

Un peu d’histoire

« À la base, c’est un ancien domaine viticole qui faisait une soixantaine d’hectares... », rappelle Alain Rey-Grange. Le dernier habitant, illustre, fut le fils d’Émile Ollivier (Daniel), ministre de Napoléon III et propriétaire du château de la Moutte à Saint-Tropez. Le site, à sa mort et celle de sa femme (Catherine Gratet du Bouchage), a été vendu dans les années 60, avec une quarantaine d’hectares cédés à divers promoteurs. Ce qui donna notamment « Les rives de Beauvallon » en trois tranches, entre les années 70 et 90.

 

À l’entrée du domaine en bord de la RD 558, on peut voir les deux griffons emblèmes de la famille Graet du Bouchage, auparavant sur les piliers d’accès à la grande allée. Restait une dizaine d’hectares quasiment à l’abandon, avec des écuries et une petite activité équestre. Récupéré par le fonds Olma en 2011, c’est en 2017 qu’Alain Rey-Grange dépose un permis de construire pour l’actuel projet immobilier. « On a eu une phase administrative très longue, on a eu des contestations et on a trouvé des accords », résume sa fille pour un objectif d’ampleur ; en lien avec l’architecte des Bâtiments de France (même si rien n’est classé).

Découvrir le site Château de Beauvallon

Acquis par OLMA Luxury Holdings en 2017, le Château de Beauvallon est actuellement le sujet d’importantes rénovations en association avec un acteur du patrimoine immobilier réputé qui a développé avec succès par le passé des projets de grande qualité dans la région en ce compris la rénovation d’une propriété de taille équivalente.

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