L’Appartamento d’Artemest au Salone del Mobile 2026 : le Grand Tour de la Milan Design Week.

Cinq studios de design d’intérieur transforment le Palazzo Donizetti en un véritable carnet de voyage vivant, réinterprétant l’essence de certaines des capitales culturelles les plus emblématiques d’Italie.

22/04/2026

Goethe écrivait dans son Voyage en Italie : « Où que j’aille, je découvre dans un monde nouveau des choses qui me sont familières ; tout est comme je l’avais imaginé et, en même temps, complètement nouveau. » C’est précisément pour cette raison que, du XVIIᵉ au XIXᵉ siècle, les jeunes héritiers de la haute société entreprenaient le Grand Tour : pour parfaire leur éducation classique et élargir leurs horizons, en découvrant de leurs propres yeux une multitude de « mondes ». C’est cette même sensation que souhaite nous faire éprouver la quatrième édition de L’Appartamento by Artemest, qui se tiendra du 21 au 26 avril, à l’occasion de la Milan Design Week 2026.

Les portes du Palazzo Donizetti — désormais bien connu des habitués du Fuorisalone — deviennent les pages d’un livre pop-up dont l’histoire prend vie sous nos yeux dès qu’on les franchit. Le projet réunit cinq studios internationaux de design d’intérieur, chacun invité à relever un défi particulier : réinterpréter l’essence de certaines des capitales culturelles les plus emblématiques d’Italie. Ce parcours immersif compose un équilibre parfait entre passé et présent et, comme dans tout récit digne de ce nom, un narrateur extérieur nous guide à travers l’histoire. Ce rôle revient ici à l’escalier elliptique qui accueille les visiteurs dès l’entrée, prêt à tisser un lien entre les multiples identités de la péninsule.

La première étape de notre voyage nous mène à Venise, sous la conduite de Sasha Adler Design, studio spécialisé dans la restauration de bâtiments historiques et les projets haut de gamme sur mesure. Une fois le vestibule franchi, on a l’impression de pénétrer dans une cour vénitienne. Les panneaux muraux ornés de chinoiseries — oiseaux exotiques et motifs floraux — font clairement écho à l’âme cosmopolite de la ville, ancien port ouvert sur l’Orient. La scène est dominée par un majestueux arbre en métal dont les branches s’élancent vers le plafond, œuvre de Fucina di Efesto. Le contraste est saisissant : au-dessus, des plafonds à caissons aux tons pastel inspirés de Tiepolo ; en dessous, un canapé modulaire couleur rouille et des éléments géométriques aux lignes plus futuristes, comme la table basse Zig Zag de Cupioli. La Reading Room se veut, quant à elle, un refuge plus intime, inspiré de la succession de salons des palais historiques. Impossible, enfin, d’évoquer Venise sans rendre hommage au verre de Murano, ici réinterprété à travers un lustre contemporain. Comme l’explique le studio, du vert intense de l’armoire au cuir chaleureux de la selle, l’espace se fait enveloppant et raffiné pour accompagner les rituels du quotidien.

Dès qu’il franchit la porte, le voyageur est sous le charme. À un moment donné, comme le racontent de nombreux carnets de voyage, l’étranger est invité à prendre place à table, autour d’un banquet destiné à lui faire découvrir non seulement de nouveaux mets, mais aussi de nouvelles cultures. Cette fois, c’est le Rockwell Group, studio multidisciplinaire fondé à New York en 1984 par David Rockwell et réputé pour son approche mêlant architecture et mise en scène, qui nous convie à ce banquet. Sa mission : nous transporter dans la Naples d’autrefois, dans les salles à manger des temples classiques ou des villas vésuviennes. La forme ovale de la pièce met immédiatement en valeur la coupole ornée de fresques. La palette choisie pour l’ensemble du décor évoque les teintes de la terre brûlée, de l’ocre et de l’or. Théâtralité et opulence fusionnent grâce au choix du triclinium, transformant le repas convivial en véritable performance collective. Le maître-mot est sans conteste la lumière. Celle-ci scintille à travers les lampadaires aux motifs d’arabesques et se reflète sur les surfaces opalescentes des petits objets décoratifs. Le thème marin occupe également une place centrale : salières en argent et nacre en forme de coquillages, signées Petri Firenze, poissons en céramique immergés dans des bols remplis de perles… Des poufs aux tables empilables, en passant par les tonalités minérales, métalliques et bleu océan, la mission est accomplie : le lieu évoque à la fois la redécouverte de l’archéologie de Pompéi et cette joie de vivre que seule Naples semble pouvoir offrir.

Un vieux dicton affirme que « tous les chemins mènent à Rome », et notre voyage finit lui aussi par nous y conduire. Pour nous faire revivre la splendeur de l’ancienne capitale, notre guide est le studio primé March and White Design, fondé en 2010 par Elliot March et James White, aujourd’hui présent à Londres, New York, Los Angeles et Dubaï. L’espace de vie s’organise selon une perspective monumentale, tandis que les murs bordeaux évoquent la pourpre cardinalice. Des lustres en verre ambré disposés en cascade nous transportent immédiatement dans les salles de bal des palais patriciens. Le contraste entre les couleurs éclatantes des fleurs fraîches et le mobilier sculptural aux imposants plateaux de marbre rouge crée une impression de puissance et de stabilité. Tout est pensé dans les moindres détails, des motifs peints sur les coussins par Anna Paola Cibin à l’effet « moiré » du laiton Caspal, qui produit des vibrations lumineuses et donne vie à l’espace. Rome constituait le cœur du Grand Tour en raison de ses ruines ; MAWD interprète cet héritage en créant, grâce à un subtil jeu de clair-obscur, un espace qui semble hors du temps.

Après tant de marche, le voyageur mérite un peu de repos. Heureusement, le studio Charlap Hyman & Herrero, fondé en 2014 par Adam Charlap Hyman et Andre Herrero et spécialisé dans l’architecture, les intérieurs et les décors de théâtre, nous transporte dans les salons de divertissement de la Palerme du XIXᵉ siècle. La première pièce est habillée d’un papier peint panoramique dans une palette monochrome sépia sur fond crème, représentant un paysage oriental à la fois idyllique et sauvage, qui évoque la beauté des peintures classiques Shan Shui. Palerme était en effet l’étape la plus exotique et sensorielle du voyage. Une photographie vert pomme intitulée London Eyes, accrochée au mur, vient rompre l’harmonie générale par une note chromatique fraîche, tout en faisant écho au bambou naturel disposé dans un angle de la pièce. Le second espace se distingue par ses murs vert sauge et ses touches de rouge et de magenta, présentes sur les vases, les chaises et les tableaux, créant une atmosphère sophistiquée teintée de mélancolie. Enfin, impossible de manquer le tabouret Caspal en osier et métal. Historiquement associé aux climats chauds et aux jardins d’hiver des villas siciliennes, ce matériau est ici utilisé pour évoquer l’élégance informelle de la noblesse palermitaine. L’ensemble compose ainsi une sorte de salon littéraire digne du Guépard, dont les choix décoratifs reflètent un style aussi éclectique que raffiné.

Nous voici arrivés à la dernière étape de l’itinéraire, celle du « repos bien mérité ». Le studio de luxe Urijowan Alsharif Interiors, spécialisé dans les intérieurs résidentiels haut de gamme et sur mesure dans les pays du Golfe, imagine une alcôve contemporaine propice à la détente. L’équilibre de la Renaissance florentine prend ici la forme d’un véritable locus amoenus. La rigueur architecturale du lit à baldaquin est adoucie par un savant jeu de matières : les voilages d’un blanc pur rencontrent les tonalités profondes du velours, dans un hommage à la « mesure florentine ». La baignoire crée une atmosphère intime, tandis que les fleurs fraîches disposées au-dessus reprennent les motifs floraux du papier peint. La lumière naturelle filtrée par les rideaux confère à l’ensemble une esthétique sobre et raffinée, caractéristique des villas toscanes. La tradition demeure la véritable protagoniste du projet qui, selon le studio, fait dialoguer « ateliers historiques et artisans contemporains à travers la menuiserie, le cuir, le fer forgé et les arts décoratifs ». Cette rencontre entre savoir-faire anciens et création contemporaine s’incarne notamment dans le paravent en cuir tressé de Pinetti et la table de chevet à la texture striée de Laura Meroni : des formes modernes nées de techniques ancestrales.

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Artemest a été fondée en 2015 par Macro Credendino et Ippolita Rostagno afin de rendre hommage et soutenir l'artisanat italien. Marketplace de premier plan pour les produits design de luxe, c’est le plus grand réseau en ligne d'artisans italiens. La plateforme propose une collection de produits selectionnés individuellement dans le but d'aider les meilleurs artisans italiens à s'adapter à la nouvelle économie numérique et donnant une visibilité internationale à des produits exceptionnels. Afin d’atteindre cet objectif avec succès, elle a mis en place une offre de services complète et unique en son genre, dont artemest.com est la vitrine.

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